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La Commission électorale confirme la victoire du parti au pouvoir, selon des résultats provisoires

Elections législatives au Cambodge, Siem Reap, 28 juillet 2013. Photo Krystel Maurice

La crise politique dans laquelle le Cambodge est plongé depuis le scrutin électoral du 28 juillet s’est encore aggravée lundi après la publication des résultats préliminaires  par la Commission électorale (NEC), laquelle confirme la victoire du parti du Premier ministre Hun Sen.

Selon la Commission électorale, réputée proche du pouvoir en place, le CPP dirigé par Hun Sen aurait remporté 19 des 24 provinces du pays. La Commission n’a pas communiqué la répartition des sièges mais à quelques centaines de voix près, les résultats communiqués ce jour sont  similaires à ceux annoncés le 28 juillet.

Selon les calculs de l’AFP, le CPP aurait obtenu 49% des plus de 6,6 millions de votes, contre 44% au Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) du leader de l’opposition Sam Rainsy qui conteste toujours la victoire de Hun Sen, selon les calculs faits par l’AFP à partir des résultats province par province.

Au terme d’élections décrites par des organisations locales et internationales comme entachées d’irrégularités, le CPP avait annoncé conserver sa majorité au parlement avec 68 sièges contre 55 au CNRP.

L’opposition conteste

L’opposition a rejeté les résultats du CPP -et ceux de la NEC-, revendiquant la victoire avec au moins 63 sièges. Et elle continue de réclamer une commission d’enquête indépendante, avec l’ONU, sur des fraudes qu’elle estime massives.

«Le CNRP est très déçu et s’oppose aux résultats provisoires (…) alors que de graves irrégularités avant et le jour des élections n’ont pas fait l’objet d’une enquête», a-t-il souligné lundi dans un communiqué, notant que Sam Rainsy, qui se trouve actuellement aux États- Unis, devait discuter de la question mardi à New York avec des responsables de l’ONU. «Nous allons déposer une plainte contre les résultats», a précisé son numéro deux Kem Sokha.

La NEC a noté que les partis pouvaient effectivement déposer des plaintes auprès d’elle ou du Conseil constitutionnel «dans les 72 heures». Mais «nous avons déjà résolu» les problèmes avant la publication des résultats préliminaires, a assuré à l’AFP son secrétaire général Tep Nytha.

Les résultats définitifs, avec la répartition en sièges, seront publiés jeudi ou vendredi s’il n’y a pas de plaintes, et dans le cas contraire «d’ici au 8 septembre», a-t-il ajouté.

Alors que l’opposition a menacé de manifestations de masse «en dernier ressort» si elle n’est pas entendue, des soldats et des véhicules blindés ont été déployés dans Phnom Penh la semaine dernière.

Un déploiement destiné selon les autorités à parer à tout débordement, mais dénoncé par l’opposition comme une manœuvre d’intimidation visant à décourager la population de descendre dans la rue.

Le roi Norodom Sihamoni, qui la semaine dernière avait invité les deux camps à résoudre pacifiquement la crise, s’apprête quant à lui à quitter le pays dans les heures à venir pour se rendre à Pékin en compagnie de la Reine-mère où il doit, dit-on, subir des examens médicaux de routine prévus de longue date. Il devrait s’absenter durant deux ou trois semaines, précise-t-on dans son entourage.

 

Krystel Maurice ( avec AFP)