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Des unités des forces armées se déploient autour de Phnom Penh

Blindés près de Kompong Cham, août 2013

Des unités de la police nationale et de l’armée se sont déployées autour de Phnom Penh pour garantir la stabilité politique et la sécurité dans la capitale dans l’attente de la formation du gouvernement, a annoncé le porte-parole de la police militaire. «  Il ne faut pas s’inquiéter c’est une mesure de précaution  afin d’empêcher tout dérapage durant cette période de transition

Des troupes sont stationnées le long des grands axes routiers qui mènent à la capitale mais il est difficile, à l’heure actuelle, de dire combien d’hommes sont mobilisés.
Au moins 200 hommes seraient regroupés dans le secteur de Neak Leung, dont le pont sépare les provinces de Prey Veng et de Kandal, selon une source militaire citée par le  Phnom Penh Post.
Toujours selon le quotidien, citant des militaires qui ont réclamé l’anonymat, ces troupes étaient préalablement stationnées en province. Un choix délibéré qui éviterait toute collusion éventuelle avec des manifestants dans la capitale. Un autre militaire affirme également que bon nombre de soldats basés à Phnom Penh se sont vu confisquer leurs armes de crainte qu’ils ne s’allient aux manifestants.
Dans plusieurs provinces, des mouvements de blindés ont été signalés sur les routes.

 

« Rébellion »

Sam Rainsy, le leader CNRP,  avait appelé mardi à des manifestations monstres dans tout le pays si les résultats définitifs des élections ne proclamaient pas la victoire de l’opposition. Le gouvernement avait rétorqué que de telles manifestations seraient considérées comme une «  rébellion ».

Depuis les élections du 28 juillet, chaque camp bombe le torse et tente d’impressionner l’adversaire. Loin de calmer les esprits, le stationnement d’unités militaires autour de la capitale risque, au contraire, d’empester l’atmosphère.

Dans ce climat tendu, fait rarissime, le roi Norodom Sihamoni est personnellement intervenu mercredi pour appeler les deux camps à résoudre pacifiquement cette crise politique. « Dans l’intérêt de la Nation et du peuple, je voudrais appeler les deux partis politiques pour lesquels les gens ont voté à persévérer pour trouver une solution pacifique à ce conflit. J’appelle aussi  toute la population à continuer de travailler dans le calme pour la dignité de la Nation », a- t-il déclaré dans un communiqué.

 

Intimidation

Hier, Sar Kheng, le ministre de l’intérieur a mis en garde les leaders de l’opposition en cas de manifestations violentes ou de destructions. Dans un courrier adressé à Sam Rainsy, président du CNRP, il les a prévenus qu’ils seraient « personnellement tenus pour responsables devant la loi » si des manifestations entrainaient des «  violences, destructions de biens publics ou privés ou des troubles de l’ordre. »

Par ailleurs, après la découverte d’une bombe dans l’arrière cour du tribunal de Phnom Penh, un journaliste intérimaire, employé occasionnel d’ un journal pro-gouvernemental, a affirmé hier avoir découvert deux grenades non explosées déposées sur le seuil de sa maison durant son sommeil. « Nous ne savons pas s’il s’agit d’actes de vengeance ou de terrorisme mais l’objectif est d’engendrer la peur dans la population » a déclaré Keng Tito, le porte-parole de la police militaire.

La peur et l’intimidation, un scénario trop bien connu au Cambodge.

 

Krystel Maurice