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Libération conditionnelle refusée pour les trois écologistes de Mother Nature

L'une des barges de sable dans l'estuaire de Andoung Tuek. Photo fournie par Mother Nature

Le tribunal de Koh Kong a refusé lundi la libération conditionnelle des trois militants écologistes de l’ONG Mother Nature. Ces trois activistes sont accusés d’avoir menacé de détruire des barges de sable appartenant à une compagnie vietnamienne, la société Direct Access.

Depuis des mois, les militants de l’association Mother Nature et les pêcheurs accusent les sociétés qui opèrent dans l’estuaire de Andoung Tuek de détruire l’environnement, provoquant la raréfaction de la faune et des glissements de terrains. Cet estuaire situé dans le district de Botum Sakor se jette dans la baie de Sihanoukville.
En 2009 le Premier ministre Hun Sen avait interdit toute exportation du sable de rivière pour protéger la biodiversité. Mais deux sociétés, Direct Access et Rainbow International, ont cependant bénéficié de licences d’exportation, reconnait le porte- parole du ministère des mines et de l’énergie.

Mais, d’après les mesures effectuées par les militants écologistes, l’extraction du sable a lieu bien au-delà des secteurs autorisés et à des profondeurs largement supérieures à ce qui est précisé dans les licences dont ils bénéficient.

Face à l’inaction des autorités, les activistes, en campagne depuis le mois de juin, ont donc décidé d’agir par eux-mêmes en repoussant les barges qui pénétraient à l’intérieur de l’estuaire.

Le 17 août, Sun Mala, le co-fondateur de l’association, âgé de 22 ans, Try Sovikea, 25 ans et Sim Samnang, 29 ans, ont été arrêtés suite à une plainte de la compagnie Direct Access. Ils risquent deux ans de prison s’ils sont reconnus coupables.

Ces arrestations ne que sont que le dernier épisode en date d’une série de campagnes musclées menées par Mother Nature. L’association avait précédemment tenté d’empêcher un projet de barrage dans la Vallée d’Areng, une vallée à la biodiversité exceptionelle située dans la province de Koh Kong. Ce remue-ménage avait déplu aux autorités, lesquelles avaient, en février, expulsé manu militari son co-fondateur, l’espagnol Alex Gonzalez-Davidson après avoir refusé de lui renouveler son visa.

 

Krystel Maurice