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Le pouvoir revient partiellement sur sa décision d’interdire les radios internationales durant la campagne des législatives

Le Cambodge a de nouveau autorisé dimanche la diffusion de tous les programmes en Khmer des radios étrangères, deux jours après avoir annoncé leur interdiction, au nom de la neutralité, durant toute la campagne électorale précédant les législatives du 28 juillet.

Le 25 juin, une directive avait ordonné aux radios FM locales de suspendre le relai des programmes en khmer de radios étrangères jusqu’aux législatives afin de garantir une campagne « juste » pour tous les partis politiques. Toute désobéissance sera sanctionnée au regard de la loi, était il précisé.

Un responsable avait minimisé le dossier, précisant à l’AFP que les radios étrangères pouvaient poursuivre leurs émissions sur ondes courtes.

En réaction, le département d’État américain avait fustigé une grave violation de la liberté de la presse et de la liberté d’expression, contraire à l’esprit d’un processus démocratique sain.

Pour les militants des droits de l’homme Radio Free Asia et Voix de l’Amérique,  deux radios américaines jugés trop critiques à l’égard du pouvoir, étaient particulièrement visées. Ces deux radios louent de nombreuses heures d’antenne à  un réseau de stations dans tout le pays.

Radio Free Asia, qui produit en langue khmère, avait dénoncé une stratégie flagrante visant à réduire au silence les voix disparates et variées qui caractérisent une société ouverte et libre.

Dimanche, le pouvoir est revenu partiellement sur cette interdiction. Le ministre de l’information a décidé d’autoriser toutes les radios FM (…) à reprendre les programmes comme d’habitude, indiquait laconiquement un communiqué sur le site du ministère.

 

Interdiction maintenue

Mais une autre directive, datée elle, du 21 juin, n’a pas été levée. Il y est stipulé que les médias devront cesser, cinq jours avant le déroulement du scrutin, de retransmettre des sondages d’opinions sur les résultats des élections émanant de médias étrangers et cesser toute activités relative à la campagne électorale 24 heures avant le scrutin.

La campagne électorale a été officiellement lancée jeudi. Au pouvoir depuis 30 ans le parti du Premier ministre Hun Sen est assuré d’une large victoire. Mais pour la première fois, l’opposition se présente sous une même bannière. Les voix discordantes ne sont pas les bienvenues et cette tentative de mainmise sur les radios étrangères, dans un paysage médiatique presque totalement sous contrôle gouvernemental, prouve, si besoin est, que le parti au pouvoir entend bien occuper tout le terrain durant la campagne.

(avec AFP)