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Libération du journaliste Hang Chakra

Le journaliste Hang Chakra, emprisonné en juin dernier a été libéré mardi 13 avril, suite à une grâce royale accordée à l’occasion du Nouvel an khmer. Quarante-trois autres prisonniers ont été graciés par le Roi Sihamoni et ont été libérés tandis 119 autres ont fait l’objet d’une réduction de peine.

Hang Chakra, rédacteur en chef et éditeur du journal d’opposition Khmer Machas Srok, une publication proche du parti d’opposition de Sam Rainsy, avait été condamné le 26 juin par la Cour municipale de Phnom Penh à un an de prison ferme et à 9 millions de riels (2187 dollars) pour publication de fausses informations. Il avait rédigé, en avril et mai dernier, deux articles dénonçant la corruption des proches du vice-Premier ministre Sok An.

« Je vais continuer de publier un journal dénonçant la corruption des membres du gouvernement afin de servir les lecteurs et la société », a-t-il déclaré à sa sortie de prison. Le journaliste avait pourtant écrit le 8 juillet dernier au Premier ministre Hun Sen pour s’excuser d’avoir à plusieurs reprises eu un « comportement incorrect et grave » lorsqu’il se trouvait à la tête de son journal. Il s’était également excusé auprès du vice-Premier ministre Sok An, mis en cause dans ses deux articles.

Malades depuis plusieurs mois, affaibli par son incarcération, il doit aujourd’hui trouver les moyens financiers de relancer son journal. La publication de Khmer Machas Srok est en effet suspendue depuis début avril en raison d’une crise financière.

Reporters sans frontières a salué sa libération « après dix mois en prison pour un supposé délit de désinformation ». « Le vice-Premier ministre Sok An porte une responsabilité directe dans la longue incarcération d’Hang Chakra et la détérioration de son état de santé, précise RSF. Nous réitérons notre demande au chef du gouvernement Hun Sen de respecter sa promesse que les journalistes ne seront plus envoyés en prison au Cambodge », a affirmé l’organisation.

Lors de son procès en appel Hang Chakra avait refusé de donner ses sources au procureur qui les lui demandait.

 

Krystel Maurice