En continu

Le leader de l’opposition, condamné à dix ans de prison supplémentaires

Sam Rainsy a été condamné jeudi 23 septembre à dix ans de prison supplémentaires par la Cour municipale de Phnom Penh dans l’affaire de la démarcation de la frontière avec le Vietnam.

Le chef de l’opposition qui a la double nationalité française et cambodgienne vit en exil à Paris depuis fin 2009.
Il avait été condamné le 27 janvier 2010 à deux ans de prison par contumace pour avoir déplacé des bornes délimitant provisoirement la frontière avec le Vietnam, considérant que celles-ci amputaient le territoire cambodgien.

Objet de conflits depuis des décennies, la frontière entre le Cambodge et le Vietnam n’a toujours pas été délimitée. Bien que des travaux de démarcation aient débuté en septembre 2006, aucun tracé n’est pour l’instant accepté par les deux capitales.

Suite à cette condamnation à deux ans de prison par contumace,  Sam Rainsy avait alors organisé plusieurs vidéo-conférences depuis Paris pour détailler, cartes à l’appui, son argumentation.

Mais le 26 février, le gouvernement cambodgien avait déposé deux nouvelles plaintes au tribunal de Phnom Penh contre Sam Rainsy, le leader de l’opposition, pour « diffusion de fausses informations » et « falsification de documents publics » dans l’affaire du tracé de la frontière entre le Cambodge et le Vietnam.

Aux arguments de Sam Rainsy, Var Kim Hong, le président du Comité national des frontières, avait répliqué en produisant ses propres cartes. Il avait accusé le leader de l’opposition d’avoir sciemment produit des cartes qui n’étaient plus à jour.

Sam Rainsy, qui avait admis une « erreur théorique » dans ses calculs, avait alors présenté un rapport réalisé par des experts et qui, selon lui, prouvait que cette erreur ne changeait rien au résultat final.

Outre les dix ans de prison supplémentaires requis par la Cour, Sam Rainsy devra verser 60 millions de riels (15 000 dollars) à titre de dommages et intérêts au gouvernement cambodgien. Il a également écopé d’une amende de 5 millions de riels (1 250 dollars).

Il a cependant été relaxé de l’accusation de « diffusion de fausses informations » soulevée à son encontre.

 

Krystel Maurice