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Liberté de la presse: la Thaïlande dégringole et le Cambodge recule

La liberté de la presse en Thaïlande est en fort  recul cette année, selon Reporter sans frontière qui vient de publier son classement mondial annuel (voir ici).
Sur 178 pays répertoriés dans le monde, la Thaïlande n’est plus qu’au 153e rang, alors qu’elle figurait  l’an dernier à la 130 e place.
La Thaïlande rejoint ainsi les pays les plus liberticides en matière de presse (en rouge sur la carte de RSF) et est même devancée par l’Afghanistan ou le Pakistan. Rien de très surprenant cependant, dans la mesure où ce classement tient compte aussi bien des violences physiques perpétrées dans l’année contre des journalistes (du 1er septembre 2009 au 1er septembre 2010), que des violences morales sous toutes ses formes, menaces, censure, emprisonnements…

La dégradation du climat politique en Thaïlande au cours des derniers mois, et la répression qui s’est abattue sur le pays a particulièrement visé les journalistes.

Deux journalistes ont été tués et plus d’une quinzaine d’autres ont été blessés en couvrant la répression par l’armée du mouvement des Chemises rouges à Bangkok. Des milliers de sites internet et de blogs ont été fermés et la  loi sur le crime de lèse-majesté sert de prétexte pour arrêter et tenter de faire taire la presse indépendante, comme c’est le cas pour  Chiranuch Premchaipoen, directrice du site internet Prachathai, arrêtée à deux reprises et qui risque une peine de prison pouvant aller jusqu’à 50 ans d’emprisonnement.

Le Cambodge recule de 9 places

Le Cambodge est lui aussi en recul dans le classement de RSF. Classé 117ème en 2009, il se retrouve cette année à la 128e place. Plusieurs journalistes ont été emprisonnés pour leurs écrits, accusés de « diffamation » et de « désinformation » par un pouvoir qui utilise une loi obsolète à leur encontre en dépit de l’existence d’une loi sur la presse datant de 1995. Pressions et intimidations sont le lot quotidien des journalistes khmers, en particulier en province, au point que l’autocensure est presque devenue une seconde nature.

Les quatre régimes communistes d’Asie, la Corée du Nord (177e), la Chine (171e), le Viêt-Nam (165e) et le Laos (168e), se trouvent dans les quinze derniers pays du classement mondial de la liberté de la presse 2010 ;

Parmi les trente derniers pays du classement de Reporters sans frontières, on retrouve dix nations asiatiques, notamment la Birmanie, où la junte militaire a décidé que le système de censure préalable serait maintenu malgré la tenue des élections générales de novembre.

 

Krystel Maurice