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Mu Sochua condamnée pour diffamation

La députée d’opposition Mu Sochua, membre du parti de Sam Rainsy(PSR) a été condamné mardi 4 août à une amende près de 4000 dollars par la Cour municipal de Phnom Penh pour diffamation envers le Premier Ministre Hun Sen. « Il est évident que cette décision de justice repose sur des considérations politiques et non sur la loi. Je ne peux pas accepter cette décision” a déclaré l’élue qui dit refuser de s’acquitter de cette condamnation et a décidé de faire appel de cette condamnation.

A l’origine de cette affaire, les propos tenus en avril 2009 par le Premier Ministre lors d’un déplacement à Kampot, province dans laquelle Mu Sochua a été élue en 2008. Dans son discours, Hun Sen avait fait allusion à une bousculade lors des élections législatives de juillet 2008 entre la députée PSR et un général de Kampot. Ce dernier l’avait agressée et avait déchiré son chemisier alors qu’elle tentait de l’empêcher d’utiliser une voiture des Forces armées royales du Cambodge (Farc) pour mener campagne en faveur du Parti Populaire Cambodgien.

Évoquant cette affaire, Hun Sen aurait déclaré publiquement -sans toutefois la nommer expressément- que Mu Sochua avait un comportement « provocant» et qu’elle « s’était élancée vers un homme pour l’embrasser, à s’en faire arracher les boutons de chemisier ».

Suite à ces propos, Mu Sochua, ancienne ministre des Affaires féminines, estimant que ces propos portaient « atteinte à son honneur et à sa dignité de femme » avait déposé plainte le 23 avril contre le Premier Ministre pour injures et diffamation.
Le Premier ministre, qui selon son avocat, n’a jamais prononcé le nom de la députée, a contre-attaqué le jour même et a à son tour poursuivi Mu Sochua.

Le 10 juin, la cour de Phnom Penh déboutait la députée de ses demandes. La levée de son immunité parlementaire par l’Assemblée nationale le 22 juin ne fut qu’une formalité, le Parti Populaire Cambodgien dirigé par Hun Sen détenant 90 des 123 sièges de l’assemblée nationale.

Le 24 juillet face à la Cour municipale de Phnom Penh, Mu Sochua s’est présentée sans avocat et a décidé de rester silencieuse durant l’audience.

Le verdict de la Cour le 4 août a donné lieu à des échauffourées, les sympathisants de Mu Sochua ayant improvisé une marche du Palais de justice jusqu’au siège du Parti de Sam Rainsy, boulevard Sothearos. La police anti émeute a tenté de dissoudre le cortège à plusieurs reprises, en dirigeant voitures et motos contre les manifestants, au risque de provoquer de graves blessures, ont affirmé les manifestants.

Mu Sochua se trouve actuellement aux États Unis pour y suivre un traitement médical.

 

Krystel Maurice