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Tribunal Khmers rouges: demandes d’enquêtes pour cinq nouveaux suspects

Suite à la décision de la chambre préliminaire, le co-procureur australien William Smith vient de demander de nouvelles enquêtes concernant cinq nouveaux suspects dans le procès des Khmers rouge. Les quarante situations évoquées dans les deux dossiers déposés pourraient notamment permettre de retenir l’accusation de génocide contre les accusés, a estimé le co-procureur. Les noms des suspects visés ainsi que les faits qui leur sont reprochés sont, pour l’heure, confidentiels.


La colère du Premier ministre

Au même moment, le Premier ministre Hun Sen s’opposait une nouvelle fois à l’élargissement du nombre d’accusés, brandissant l’épouvantail d’un retour à la guerre civile.« Autrefois, les Nations unies ont soutenu les Khmers rouges en leur accordant une représentation diplomatique. Aujourd’hui, les mêmes disent que cinq inculpés, ça ne suffit pas. Mais que veulent-ils donc faire ? , a déclaré le Premier ministre. Si vous voulez un tribunal mais que vous ne préoccupez pas de la paix et de la réconciliation, la guerre reprendra avec 200 000 ou 300 000 morts. Qui en portera la responsabilité ? ». « Toute ma vie, j’ai fait le pari de la paix, allant voir les Khmers rouges dans leur fief pour les convaincre de se rallier. Je n’accepterai en aucun cas que ce travail soit compromis », a ajouté Hun Sen.En dépit des affirmations contraires, le pouvoir cambodgien n’a de cesse d’interférer dans les affaires judiciaires du pays. Une situation que dénoncent depuis des années les associations de défense des droits de l’homme. Le Tribunal international chargé de juger le régime des khmer rouges risque bien, à son tour, d’en faire les frais et de s’en trouver durement ébranlé.

 

Krystel Maurice