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Tribunal Khmers rouges: seconde convocation pour audition au ministre des finances

Le co-juge d’instruction français Marcel Lemonde a envoyé le 6 octobre une seconde convocation au vice-Premier ministre et ministre des finances Keat Chhon afin qu’il soit entendu en tant que témoin dans le cadre du procès des Khmers Rouge. Cette convocation a été rendue publique dimanche 29 novembre.

Dans ce courrier le co-juge écrit : « Le 25 septembre, je vous ai fais parvenir une convocation afin de procéder à votre audition le 6 octobre, précisant que cette date n’était qu’indicative […] Malgré de multiples démarches auprès de diverses personnes travaillant à vos côtés, le greffier n’a obtenu aucune réponse de votre cabinet et l’audition n’a pu avoir lieu.[…] Je pense que nous nous trouvons en présence d’un simple malentendu puisque vous avez publiquement déclaré le 13 septembre 2006, que vous étiez prêt à témoigner dans la procédure en cours si le Tribunal Khmers Rouges vous adressait une convocation, ce qui était évidemment logique : il serait pour le moins paradoxal qu’un membre du gouvernement ayant initié la création de cette juridiction ne veuille pas coopérer avec elle et faciliter son fonctionnement. J’espère donc que cette audition va pouvoir être organisée dans les meilleurs délais et dans cette attente, je vous prie d’agréer … »

En septembre, Marcel Lemonde avait envoyé cinq autres convocations à des hauts responsables de l’Etat. Il s’agit du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Hor Namhong, du président du Sénat Chea Sim, du président de l’Assemblée nationale Heng Samrin ainsi que deux sénateurs du Parti du Peuple Cambodgien (PPC) au pouvoir, Sim Ka et Ouk Bunchhoeun.

Lars Olsen porte-parole du Tribunal a dit ignorer si une seconde convocation leur avait été également envoyées. Mais il a précisé qu’à l’heure actuelle aucune de six personnalités en question n’avait répondu à ces convocations.

Parlant au nom du juge Lemonde, Lars Olsen a commenté ainsi ce silence. « Tant que nous n’avons pas essuyé un refus, nous espérons toujours qu’ils coopérerons avec la Cour. Car comme vous le savez une convocation ne laisse pas de choix. C’est un ordre de comparution devant la Cour. Nous espérons qu’au minimum, s’ils n’entendent pas se présenter, ils en fourniront les raisons. »

 

Krystel Maurice