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Tribunal Khmers rouges: le verdict de Duch sera rendu le 26 juillet

Le tribunal mixte chargé de  juger les Khmers rouges rendra, le 26 juillet, son verdict concernant Duch, de son vrai nom Kaing Guek Eav. Sous le régime de Pol Pot, Duch dirigeait le centre de détention et de tortures de Tuol Sleng de Phnom Penh, également appelé S-21. Quelques 15 000 personnes y ont trouvé la mort, seuls sept prisonniers ont survécus.

Le procureur international William Smith avait réclamé le 25 novembre 2009 une peine de prison de quarante ans. Il avait déclaré que « la seule peine appropriée devrait être la réclusion à perpétuité », mais que « divers facteurs militent pour que cette peine soit commuée ».
Le procureur avait invoqué les dix ans de détention provisoire de Duch, dont une partie a été jugée juridiquement illégale, ainsi que sa coopération « partielle » avec la cour, « ses remords » et sa « contribution à la réconciliation nationale ».

Duch avait, quant à lui stupéfait l’auditoire en demandant sa remise en liberté au dernier jour de son procès.

« J’ai depuis le début répondu aux questions qui m’étaient posées, mais je ne veux pas avoir l’air de marchander. […] Je dois m’excuser pour tous les crimes commis par le PCK car j’étais membre du PCK. […] Je n’ai jamais remis en question le chiffre de 12 380 victimes de S-21 et sais qu’il est inférieur à la réalité. […] J’ai déjà passé 10 ans, 6 mois et 18 jours en détention, je laisse le soin à la Cour de déterminer ma peine et je lui demande de me remettre en liberté. »

Cette déclaration fracassante était intervenue à la suite de la révélation au grand jour d’un désaccord profond entre ses deux avocats, le français François Roux et le cambodgien Kar Survath.

Ce dernier avait plaidé non coupable et demandé l’acquittement de son client au motif que celui-ci n’était pas un haut dirigeant du régime Khmer rouge et que la responsabilité des crimes commis à l’époque ne pouvait donc lui être imputé.
Une position diamétralement opposée à celle de son confrère français, qui à l’origine, escomptait axer sa stratégie de défense sur le fait que Duch plaidait coupable. Mais confronté à la demande d’acquittement de son confrère cambodgien, Me Roux avait dû revoir sa plaidoirie à la dernière minute et avait finalement demandé une peine de dix ans de prison, déjà effectuée par Duch depuis son arrestation.

En 2011, s’ouvrira le procès de quatre autres dirigeants du régime Khmer rouge. Il s’agit du chef de l’Etat Khieu Samphan, du ministre des Affaires étrangères Ieng Sary, époux de Ieng Thirith, de Ieng Thirith, ancienne ministre des Affaires sociales du régime des Khmers rouges et de Nuon Chea, idéologue et numéro deux du régime.
A la différence de Duch, tous quatre sont inculpés de génocide contre les Vietnamiens qui demeuraient au Cambodge et contre la minorité musulmane Cham. Ils nient farouchement toutes responsabilités dans les massacres commis contre ces populations mais aussi contre la population cambodgienne.

 

Krystel Maurice