En continu

Tribunal Khmers rouges: bientôt le second procès

Phnom Penh, les co-juges d’instruction du tribunal chargé de juger les anciens khmers rouges ont officiellement annoncé jeudi 16 septembre la clôture du dossier d’instruction concernant quatre hauts responsables du régime de Pol Pot, au pouvoir de 1975 à 1979.

Ces quatre dirigeants -Nuon Chea, le numéro 2 des Khmers rouges et ex-bras droit de Pol Pot, Khieu Samphan, le chef de l’Etat, Ieng Sary, le vice-Premier ministre chargé des Affaires étrangères,  et Ieng Thirith, son épouse, à l’époque ministre des Affaires sociales, devront répondre de génocide, crimes contre l’humanité, et de crimes de guerre.

L’inculpation de génocide -qui n’avait pas concerné Duch, l’ex dirigeant de S-21-, vise le massacre des Vietnamiens et de la minorité musulmane des Chams.

Le procès, baptisé cas N°2, devrait s’ouvrir en 2011 mais la date exacte n’a pas été précisée. Tous âgés, leur état de santé n’est pas non plus florissant.

Ces quatre hauts dirigeants sont accusés d’avoir contribué à mettre en place un régime sous lequel 2,2 millions de personnes ont trouvé la mort, dont 800 000 de morts violentes, selon une étude démographique figurant dans le dossier d’investigation.

Il aura fallu trois ans aux co- juges d’instruction, le Français Marcel Lemonde son homologue cambodgien You Bunleng  pour mener à bien ce dossier  de 350 00 pages « plus complexe encore que celui de Nuremberg », de l’aveu de Marcel Lemonde . Et le procès ne s’annonce pas plus facile puisque les accusés et leurs conseils réfutent toutes les charges qui pèsent contre eux, à la différence de Duch.

«  Nous ne prétendons pas avoir écrit l’histoire définitive de la période khmer rouge. Nous avons bâti un cadre, pour un débat judiciaire de haute tenue, qui nous l’espérons sera public », a ajouté Marcel Lemonde.

Sur les 3998 personnes qui avaient demandé à se constituer parties civiles dans ce procès n°2, 2123 ont été retenues. Elles étaient 90 pour le procès de Duch.

Les juges ont été confrontés à de nombreux défis dont celui d’établir un dossier clair alors que le temps jouait contre eux. Les accusés sont âgés et il convenait d’entamer les auditions dès que possible.
«  En dépit des difficultés et des obstacles – et je peux vous dire qu’ils n’étaient pas minces-nous sommes parvenus à produire un document qui permettra de tenir un procès que les Cambodgiens attendent depuis 30 ans » a conclue le juge Lemonde.

A l’occasion de cette conférence de presse, le juge a également annoncé sa démission.

 

Krystel Maurice