En continu

Contre l’indifférence

Quatre mois et demi que j’ai cessé de publier des articles sur Cambodge Post. Retour en France, avec un irrépressible besoin de respirer, de retrouver le calme,  d’arpenter les sentiers de montagne, de revoir les glaciers de Chamonix, de fouiller dans les librairies, d’aller au cinéma. Pendant tout ce temps que se passait-il au Cambodge ? Rien ou presque.

Ce lundi matin 20 octobre, les gardes du district de Phnom Penh, ces hommes de mains du pouvoir ont encore frappé. Ils s’en sont pris à des femmes, des enfants, des moines qui avaient osé défiler à Phnom Penh pour solliciter de l’aide après avoir été expulsés de leur terre situées dans la province de Preah Vihear au nord du pays. Quatre blessés pour un conflit dont on ne sait rien, un parmi des milliers d’autres au Cambodge.

Presque la routine, me direz-vous, on a vu pire. Pas si sûr car plus encore que sur les bâtons de cette milice, c’est bien sur la résignation que les autorités de Phnom Penh cherchent à s’appuyer aujourd’hui pour revenir à ce qu’il appelle « l’ordre social ». Frapper, menacer, accuser,  discréditer, tuer, sans que plus personne ou presque ne réagisse, c’est ce à quoi aspirent tous les régimes autoritaires. Celui-ci n’a rien inventé. Ce poison-là est connu, son antidote tout autant. Oui, l’indifférence serait le pire.

 

Krystel Maurice

 

Le temps d’écrire ce billet, nous apprenions que le nombre de blessés suite à ces violences était porté à 17 personnes.