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Neuf voix réduites au silence au parc de la Liberté

Une centaine de gardes municipaux munis de matraques ont chassé ce matin neuf jeunes supporters de l’opposition qui voulaient chanter dans le parc de la Liberté à Phnom Penh.

Face à un tel déploiement de force, ces jeunes se sont rapidement repliés à deux pas de là. Le temps d’une photo, d’une chanson et d’un très rapide appel à de nouvelles élections, ils ont été contraints de prendre le large, les gardes patrouillant déjà à moto dans les rues adjacentes au Parc, chassant les journalistes qui se trouvaient sur place.

Le message est donc clair: tout rassemblement, y compris de moins de dix personnes, reste interdit à Phnom Penh.

Et ce sont les gardes du district, lesquels ne disposent pourtant d’aucun pouvoir judiciaire, qui sont désormais chargés de disperser les récalcitrants.

Le rôle de ces gardes se limite généralement à des taches secondaires : empêcher les gens de s’installer sur les pelouses le long de la rivière, veiller à que les vendeurs de rues ne bloquent pas les carrefours…
Ils ne sont ni officiers de police judiciaire, ni policiers, ni militaires.

Vêtus d’uniformes bleus, matraques au point, ces groupes que l’on voit de plus en plus fréquemment patrouiller à moto dans les rues de Phnom Penh,  n’ont reçu aucune formation spécifiques et agissent hors du cadre de la loi, souligne Sok Sam Oeun, avocat et responsable du Comité daction cambodgien pour les droits de l’homme.

Mais la liste de leurs interventions violentes est pourtant de plus en plus longue : dispersion des supporters de l’opposition samedi dernier au  parc de la liberté, interpellation musclée, mardi, des femmes de Boeng Kak qui se rendait à l’ambassade de France, brutalités contre des moines et des femmes en octobre lors d’une cérémonie à Wat Phnom à la mémoire du manifestant tué par les forces de l’ordre.

Ces agents de la peur, en charge du « sale boulot », n’ont sans doute pas fini de faire parler d’eux.

 

Krystel Maurice