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Des négociations entre l’opposition cambodgienne et le pouvoir sont en cours, confirme le rapporteur spécial de l’ONU

 

Surya Subedi, le rapporteur spécial de l’ONU au Cambodge, qui a rencontré hier le Premier ministre Hun Sen, confirme dans une interview accordée au Phnom Penh Post dans son édition d’aujourd’hui que des négociations sont actuellement en cours entre le PPC et l’opposition par le biais de différents  intermédiaires pour tenter de mettre fin à l’impasse politique au Cambodge. L’information avait été révélée par le quotidien dans son édition du 14 janvier.

Citant deux analystes politiques, le Phnom Penh Post annonçait qu’un représentant du gouvernement avait rencontré l’opposition quelques heures seulement après la violente évacuation, le 4 janvier, des supporters du Parti du sauvetage national du Cambodge du Parc de la liberté à Phnom Penh.
Selon ces deux analystes, ni la tenue immédiate de nouvelles élections, ni la démission d’Hun Sen- deux  revendications majeures de l’opposition- ne sont à l’ordre du jour de ces négociations secrètes. Les discussions porteraient, selon eux, sur des amendements de la Constitution via le parlement, la création d’une nouvelle commission parlementaire qui permettrait de repartir équitablement la présidence des 10 commissions entre les deux partis, la présidence de l’assemblée nationale revenant à l’opposition, une licence d’exploitation d’une chaine de télévision pour le parti du Sauvetage national et la formation d’un comité conjoint pour une réforme électorale.

Toujours selon ces deux analystes, ces demandes de l’opposition auraient été approuvées à 80% par le Premier Ministre. Lorsqu’un accord total sera trouvé, les responsables des deux partis se présenteront devant le roi pour l’entériner officiellement, précisaient-ils.

« Dès que possible »

A ces révélations, Sam Rainsy, le président du Parti du sauvetage national du Cambodge avait répliqué par un démenti formel tout comme Khieu Kanharith, le ministre de l’information. Hier, Kem Ley, l’un des deux analystes cités par le Phnom Penh Post, précisait cependant que la tenue d’élections anticipées en 2015 ou 2016 figurait bien sur la liste des revendications de l’opposition, une précision qui, à ce jour, n’est pas confirmé par le journal.

A l’issue de l’entretien entre le Premier ministre et Surya Subedi, Om Yentieng, président du Comité gouvernemental pour les droits de l’homme,  déclarait hier aux reporters qui l’interrogeaient : « Je pense que les deux parties ne peuvent pas échapper à ces négociations. Je n’y  suis pas directement impliqué mais j’ai entendu dire qu’elles auront lieu dès que possible. »

Le rapporteur spécial des Nations unies qui dit avoir évoqué avec Hun Sen certains aspects de ces négociations n’en a pas précisé la teneur. Il ajoute dans son interview au Phnom Penh Post que le Premier ministre entend avoir recours au parlement pour aller de l’avant. « C’est au parlement que toutes ces affaires devraient être discutées » déclare-t-il.
«  Je pense que le Premier ministre est sérieux dans sa volonté d’entreprendre des réformes globales, qu’elles soient politiques, judiciaires ou réglementaires. Et cela prendra du temps pour satisfaire certaines préoccupations dont l’opposition m’a fait part. » « Les deux partis sont sérieux dans leur volonté de trouver une solution », conclut Surya Subedi. Surya Subedi doit en outre tenir une conférence de presse ce jeudi après-midi. Nous y reviendrons.

Krystel Maurice