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Plusieurs blessés lors d’une manifestation à Phnom Penh

Phnom Penh, 26 janvier 2014, 17h (heure locale)

Des affrontements ont eu lieu entre forces de l’ordre et manifestants ce matin à Phnom Penh, faisant une dizaine de blessés légers, selon la Licadho, une association cambodgienne de défense des droits de l’homme.

Neuf syndicats et associations avaient appelé à cette manifestation pacifiste pour réclamer la libération des 23 personnes arrêtées lors de la répression sanglante des forces de l’ordre contre des employées du textile le 2 et 3 janvier, et demander aussi l’augmentation des salaires à 160 dollars, la levée de l’interdiction de manifester et la fin des violences.
Parmi ces organisations figuraient notamment l’Association indépendante  pour la démocratie de l’économie informelle (IDEA), l’Association cambodgienne des enseignants indépendants (CITA), et l’Union des syndicats libres (FTU).

 Depuis le 4 janvier rassemblements et manifestations sont interdits dans la capitale. En fin de semaine, les autorités de Phnom Penh avaient rejeté la demande d’autorisation des organisateurs de manifester au Parc de la liberté.

 

 


Vidéo Phnom Penh Post

Dès 8h30, une armée de policiers a pris position à l’intérieur du parc cerné par des barricades pour empêcher les manifestants d’y pénétrer. Des vigiles en uniformes bleus, accompagnés d’autres civils portant de masques chirurgicaux pour ne pas être identifiés, se sont chargés de repousser toute personne qui se trouvait dans les alentours. Les premiers étaient armés de tasers et de matraques, les seconds de frondes, et pour certains, de poings américains.

Loin d’être 10 000 comme annoncé par les organisateurs, la manifestation était en réalité composée de petits groupes. Repoussés sur le boulevard Monivong et sur le pont du Naga, plusieurs de ces groupes se sont heurtés à ces vigiles et à ces hommes en civil, notamment après qu’un manifestant ait été jeté à terre et sévèrement battu.  Ces « gros bras » s’en sont également pris également à des journalistes leur jetant des pierres à l’aide de frondes ainsi que des boulons en métal. Selon la Licadho, deux personnes ont été arrêtées.

Rong Chhun, président de la Confédération des syndicats cambodgiens, ainsi que plusieurs députés de l’opposition, se trouvaient sur place, notamment Mu Sochua et Ho Vann, bien que le Parti du sauvetage du Cambodge n’ait pas appelé à la manifestation.

A16h, une centaine de personnes se trouvaient encore près du pont du Naga, talonnées de près par les forces de police. La situation est calme cependant.

 

A Kompong Cham, Kem Sokha retenu dans son hôtel par des supporters du PCC

Au même moment à Kompong Cham, Kem Sokha, le vice-président du Parti du sauvetage du Cambodge était empêché de tenir une réunion dans les bureaux de son parti par des centaines militaires aidés par des supporters du Parti au pouvoir.

Des douzaines de camions transportant des militaires étaient arrivés dans la soirée d’hier dans l’attente de Kem Sokha, en provenance de Prey Veng. Et ce matin, toutes les entrées de la ville ont été bloquées afin de d’empêcher les militants de son parti de rejoindre la réunion. Kem Sokha, lui, n’a pu sortir de l’hôtel où il se trouvait, le bâtiment étant cerné par une centaine de supporters du Parti du peuple cambodgien brandissant des bâtons et des drapeaux aux couleurs du parti de Hun Sen.
Même scénario autour du bureau de l’opposition dans lequel se trouvaient des députés de l’opposition et des supporters qui étaient parvenus à franchir les barrages.

Mégaphone en main, quelque 2000 hommes portant des casquettes frappées du logo du parti du Premier ministre et de larges battes de bois, hurlaient des slogans contre Kem Sokha et ses supporters pour interrompre la réunion.

Après plusieurs heures d’intimidation, Kem Sokha est finalement parvenu à s’échapper de son hôtel en compagnie de ses filles pour rejoindre Phnom Penh.

 

Krystel Maurice