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Au Cambodge, plusieurs syndicats appelleront à la grève générale en mars

Plusieurs syndicats, dont les syndicats les plus représentatifs de l’industrie textile, se sont accordés hier pour appeler à de nouvelles grèves dans le pays à la mi-mars. Cette décision fait suite au refus de la Cour d’appel, mardi , de libérer les 21 personnes arrêtées lors des manifestations du textile les 2 et 3 janvier.

Quatre personnes avaient été tuées par balles et des dizaines d’autres blessées lors de la charge des forces de l’ordre. Les manifestants réclamaient un salaire minimum de 160 dollars dans l’industrie textile, une demande rejetée par les employeurs et par le ministère cambodgien du travail.

Depuis, les autorités ont interdit tout rassemblement dans la capitale, les manifestations ne sont plus autorisées, des responsables syndicaux sont poursuivis en justice.

Dans ce contexte de répression quasi quotidien contre tous ceux qui osent revendiquer, accentuer la pression s’avère de plus en plus risquée.

C’est la raison pour laquelle ces syndicats ont opté pour une nouvelle tactique. Ils escomptent lancer mi-mars un nouvel appel à la grève, en invitant les employés à rester chez eux plutôt que de descendre dans la rue. Et, autre nouveauté, ce mot d’ordre de grève sera général et non plus à destination des seuls employés du textile.

Parmi ces syndicats, la Coalition des syndicats démocratiques des travailleurs du textile(CCAWDU) que présideAth Thorn, la Confédération cambodgienne des syndicats de Rong Chhun et l’Alliance cambodgienne des syndicats (CATU) présidé par Yang Sophorn.

 

Sept revendications

Les revendications portent sur sept points : la libération des 21 manifestants détenus, l’établissement d’un salaire minimum à 160 dollars, la mise en oeuvre de poursuites judiciaires contre les forces de l’ordre qui ont tué quatre personnes lors des manifestations, l’annulation des poursuites contre les responsables syndicaux qui ont appelé à la grève en décembre, la levée de l’interdiction de se rassembler et de manifester, le paiement des salaires durant les journées de grèves.

Dans une lettre adressée aujourd’hui aux représentants du gouvernement et aux employés, les syndicats détaillent leur plan d’action.

Du 24 au 28 février, les heures supplémentaires  ne seront plus effectuées.
Un forum public sur le salaire minimum sera ensuite organisé le 8 mars. Les représentants gouvernementaux chargés d’étudier cette question à l’intérieur du Comité tripartite crée à cet effet y seront invités.

Fin décembre, le gouvernement avait définitivement rejeté les demandes des syndicats du textile d’établir le salaire minimum à 160 dollars, enterrant par la même occasion l’étude commandée par ses propres  services. Cette étude recommandait un

salaire minimum de 157 à 177 dollars pour satisfaire immédiatement les besoins vitaux des ouvriers.
Le ministère du travail avait donc annoncé qu’il plafonnerait les salaires à 100 dollars mensuel contre 80 dollars actuellement, précisant que l’objectif de 160 dollars serait atteint en 2018 par le biais d’augmentations annuelles progressives.

Ces syndicats estiment aujourd’hui que l’organisation de ce forum en présence de représentants du gouvernement constitue une « dernière chance » de parvenir à un accord. Si tel n’est pas le cas et si les sept revendications listées ne sont pas satisfaites, l’appel à la grève générale sera lancé pour la période du  12 au 19 mars.

 

Krystel Maurice