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Répression dans le textile: première rencontre entre les grandes marques, le gouvernement et des syndicats internationaux

Peu d’informations ont filtré à l’issue de la première rencontre hier entre les représentants des grandes marques internationales de vêtements, des organisations syndicales internationales et des membres du gouvernement depuis la violente répression contre des employés du textile en grève, début janvier.

Mais les syndicats semblaient plutôt optimistes à l’issue de ces deux heures de réunion à huis clos et disaient avoir perçu une volonté du gouvernement d’améliorer la situation des employés du secteur. Une nouvelle rencontre devrait avoir lieu en mai.

Le 17 janvier, dans une lettre  commune envoyée au Premier ministre Hun Sen, 30 grandes marques de vêtements ainsi que  trois syndicats internationaux exprimaient leurs « graves inquiétudes » suite à la répression des forces de l’ordre les 2 et 3 janvier contre des employés en grève  qui ont fait quatre morts tués par balles et une quarantaine  de blessés.

« L’industrie textile mondiale évolue rapidement et il est nécessaire de ramener le calme dans ce secteur afin que nous puissions retrouver confiance dans l’industrie textile du Cambodge », écrivaient-elles.

Ces grandes marques détaillaient quatre points, «à l’origine des conflits actuels et passés», qu’elles souhaitaient aborder avec Hun Sen: le respect des droits des 23 syndicalistes et employés du textile emprisonnés, le respect des droits afférents à la liberté d’association, une loi-cadre sur les syndicats en adéquation avec les conventions du Bureau international du travail et définissant clairement les responsabilités des syndicats et celles des employeurs et, enfin, la mise en place d’un nouveau procédé permettant d’instaurer un salaire minimum.

Hier, la rencontre à laquelle participaient notamment des représentants de C&A, Gap, Puma Inditex, H&M, était présidée par  le vice-premier ministre Keat Chhon, assisté du ministre du travail et de plusieurs secrétaires d’état. Deux organisations syndicales internationales étaient également présentes : IndustriALL Global Union et la Confédération syndicale internationale (ITUC en anglais).

Tous les points listés dans la lettre envoyée le 17 janvier au Premier ministre ont été évoqués.
Selon l’un des représentants de la Confédération syndicale internationale, les membres du gouvernement auraient indiqué leur intention de  mettre en place une nouvelle méthodologie pour instituer un salaire minimum ainsi qu’une loi sur les syndicats. Mais ils n’ont fait aucun commentaire à propos des 21 syndicalistes et employés toujours emprisonnés.

Cette rencontre s’est tenue alors que les principaux syndicats nationaux du textile se préparent à appeler à la grève générale en mars.

Krystel Maurice