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Les autorités cambodgiennes interdisent le rassemblement de l’opposition prévu dimanche

Il fallait s’y attendre, les autorités de Phnom Penh ont interdit le rassemblement de l’opposition prévu dimanche 30 mars au Parc de la liberté. Le Premier ministre Hun Sen lui-même est monté au créneau hier lors de l’inauguration du barrage sur la rivière Ataï dans la province de Pursat.  « Le pays a une constitution et des lois. La loi a ses limites et vous ne pouvez aller au-delà. Si vous vous détournez des lois pour basculer dans la violence, il n’y aura aucune tolérance ».

De son côté, Long Dimanche, le porte-parole de la mairie de Phnom Penh a précisé, à l’issue de sa rencontre avec des représentants du Parti du sauvetage national du Cambodge, que leur demande avait été rejetée car l’enquête sur les manifestations violentes du 2 et 3 janvier était toujours en cours. « Nous n’autoriserons aucun rassemblement du CNRP tant que les résultats de cette enquête n’auront pas été rendus publics. »

Mais à ce jour aucune date n’a jamais été avancée et nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la réalité de cette enquête.
Mercredi, la député de l’opposition Mu Sochua a réclamé une fois encore une enquête totalement indépendante, lors de la conférence de presse du CNRP. Selon elle, le pouvoir utilise ce « prétexte » pour suspendre les libertés constitutionnelles et empêcher la population d’exercer ses droits. C’est aussi l’avis du Centre cambodgien des droits de l’homme : « Le Parc de la liberté a été crée pour permettre aux citoyens d’exercer leurs droits d’expression et de réunion. Interdire les réunions signifie clairement que l’intention du gouvernement est de réduire au silence sa propre population », explique la porte-parole du CCHR. « Cette interdiction globale


est non seulement contraire aux lois en vigueur dans le pays mais aussi au droit international, le Cambodge ayant des obligations du fait de sa constitution.  »

A l’heure où nous écrivons cet article, les responsables de l’opposition n’ont pas encore clairement précisé ce qu’il adviendra de la rencontre prévue dimanche. « Nous voulons la maintenir mais nous devons revoir notre stratégie », a déclaré Kem Sokha, le vice président du parti. Les forces de police, elles, ont fait savoir qu’elles se tenaient prêtes à intervenir si la loi n’était pas respectée.

 

Krystel Maurice