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Une dizaine de blessés ces deux derniers jours à Phnom Penh

Le journaliste Lay Samean, attaqué par les vigiles et laissé inconscient le 2 mai 2014.

En prévision des manifestations, les accès du parc, dans lequel aucun rassemblement n’est plus autorisé depuis le 4 janvier, avaient été barrés dès le 30 avril par des mètres de barbelés.

Le même jour, les autorités avaient aussi rétabli l’interdiction des rassemblements publics dans toute la ville et ce, pour toute la durée de la campagne pour les élections aux conseils de districts et de provinces, du 2 au 16 mai. L’interdiction valait également pour la journée du 1er mai.

Durant ces deux derniers jours, les gardes civils de la ville avaient visiblement reçu l’ordre de jouer les chiens de gardes du Parc en attaquant tous ceux qui se trouvaient à proximité.
Cinq personnes au moins ont été blessées le 1er mai après avoir été frappées à coup de barres de fer et au moins autant ce vendredi.

Liberté de la presse

Aujourd’hui, «les casques noirs» s’en sont pris à tous qui ceux qui brandissaient un appareil photo, une caméra ou un téléphone.

Photo Licadho

Photo Licadho

Trois reporters de presse ont été attaqués près du pont du Naga dont les accès avaient aussi été barrés. L’un d’eux, Lay Samean, reporter à Voice of Democracy, a été battu par une dizaine de ces hommes casqués jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Sérieusement blessé à la tête, il est toujours hospitalisé.
Au total six journalistes, cambodgiens ou étrangers, ont été attaqués  durant ces deux jours.

A l’origine, le Parti du sauvetage national du Cambodge de Sam Rainsy et Kem Sokha avait prévu de lancer sa campagne au Parc de la liberté ou à proximité. Il y a renoncé et a appelé ses supporters à une marche dans la ville aujourd’hui.
« Le gouvernement nous interdit de faire campagne. Sa décision est illégale et nous mènerons cette campagne » a expliqué Yim Sovann, le port- parole du parti. « Cette marche n’est pas une manifestation, c’est une campagne électorale et nous avons le droit de la conduire. »

Le défilé de l’opposition a donc débuté en milieu d’après-midi. Partis du siège du CNRP, des milliers de supporters à moto ont traversé la ville durant près de trois heures, évitant les abords du Parc de la liberté. Le défilé s’est achevé sans incident à la nuit tombée face au Palais royal. Sam Rainsy et Kem Sokha ont annoncé la poursuite de la marche samedi.

Demain sera aussi la journée mondiale de la liberté de la presse. Le gouvernement pourrait peut-être profiter de l’occasion pour expliquer à ses chiens de gardes en quoi cela consiste.

Krystel Maurice