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Le massacre des forêts cambodgiennes

Pas un jour sans qu’on ne signale des coupes gigantesques d’arbres centenaires dans les forêts du Cambodge. Ratanakiri, Mondolkiri, Cardamomes, Kratie, Stung Treng, Preah Vihear, toutes les provinces boisées sont désormais des eldorados pour ces compagnies privées qui se sont vues offrir par le pouvoir des terres à exploiter pour des durées allant jusqu’à 99 ans. Titulaires ou prétendument titulaires de ces concessions économiques, elles en chassent les habitants, souvent dans une  violence inouïe. Des bataillons de gardes privés, militaires ou ex-militaires ceinturent ces nouveaux territoires et s’approprient tout ce qui s’y trouve, animaux, vestiges de temples, rivières, pistes.

Opacité

 La plupart des compagnies sont étrangères, principalement chinoises, vietnamiennes, thaïlandaises et sud-coréennes.
Mais l’attribution des concessions par le gouvernement est des plus opaques et les noms de leurs dirigeants relèvent quasiment du secret d’état. Il faut des jours entiers de recherche pour recouper les bribes d’informations communiquées par le ministère de l’Agriculture, de la forêt et de la pêche, avec la réalité. Car si la loi précise qu’une société ne peut obtenir qu’une seule concession, laquelle ne peut en aucun cas excéder 10 000 hectares, les compagnies ont vite trouvé les parades pour brouiller les pistes. Elles ont crée des ribambelles de filiales à la tête desquelles elles ont placé des membres de leur clan ou des hommes de paille. Des complicités bien placées ont fait le reste.