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Angkor Photo Festival : quand Fan Ho photographiait le Hong Kong des années cinquante

« Her study » 1963, Fan Ho
 « Her study » 1963, Fan Ho

« Her study » 1963, Fan Ho

 

Hong Kong bouillonne, la population lutte pour survivre, le désespoir suinte des masures, la promiscuité est de tous les instants. Mais ce qui intéresse le jeune Fan Ho, tout juste débarqué de sa Chine natale, c’est de capter les ombres et les lumières, loin de la foule et du tourbillon urbain. Un seul personnage, deux ou trois tout au plus, photographiés à distance, souvent de dos. Ce conducteur de pousse-pousse et son chapeau, cette femme traversant une allée, son enfant attaché dans le dos, cet homme guidant son bateau dans

un canal bordé de bâtisses décrépies, cette gosse studieuse, assise sur sa terrasse bois.

Echafaudages de bambous, lignes de tramways, canaux, Hong Kong la brumeuse est traversée de personnages irréels, qui ne connaissent de la solitude que le rêve qu’ils en ont.

 

 « Hong Kong Venice » 1962, Fan Ho

« Hong Kong Venice » 1962, Fan Ho

 

Lorsqu’il parle de sa technique photographique Fan Ho, qui s’est vu décerné des centaines de prix à travers le monde, explique qu’il a d’abord repéré le lieu idéal. Puis il a fallu de la patience, beaucoup de patience. Jusqu’à ce que quelqu’un, quelque chose pointe son nez et éveille son intérêt. « Vous devez saisir le moment précis qui permettra de restituer l’esprit, l’essence, l’âme de la personne. Même si c’est un chat. », expliquait-il tout récemment dans une interview accordé au journal anglais The Independant. Si vous n’avez ce moment précis, il vous faut attendre. C’est un vrai travail créatif, car il vous faut ressentir cet instant à l’intérieur de vous-même. »

Aujourd’hui âgé de 83 ans, Fan Ho vit depuis une trentaine d’année à San José, en Californie. Sa brillante carrière de réalisateur de cinéma à Hong Kong n’a jamais éclipsé sa passion pour la photographie. « Je préfère la photographie, je m’y sens plus libre. Le noir et blanc convient mieux aussi à ma nature. Ma sensibilité s’y exprime plus librement, mes émotions y sont plus contrôlées et les résultats sont comme irréels, presque abstraits. J’aime cette distance, pas trop près, pas trop loin… »

 

Krystel Maurice

 

Exposition Hong Hong Yesterday à la galerie Mac Dermott à Siem reap jusqu’au 6 janvier.
A consulter également le site internet de Fan Ho ici.